EcoTrail de Bruxelles 2017 - Bruxelles, Dimanche 9 septembre

Ecotrail de Bruxelles - Samedi 09 septembre 2017
 
C'est avec beaucoup d'angoisse que je prends ce samedi 09 septembre le départ de l'écotrail de Bruxelles. Pourquoi ? car j'y vais avec zéro entrainement.
Enfin si. Une magnifique prépa de 3 semaines  ouhhhhhh énorme. j'ai en tout et pour tout 5 sorties dans le ventre. Alors forcément, je sais que ça va être compliqué de savourer cette course de 80 bornes.
La confiance n'est pas là non plus. J'ai repris 3 semaines plus tôt par une sortie de 30 km mais à 28, les jambes ne suivent plus. Elles me plantent d'un coup, comme çà, en plein milieu des champs et à 2km de la maison. Je reviendrai penaud, en marchand, serrant les dents du fait de la douleur
Mais là, c'est pour 80 km que je suis parti. Vais-je revivre la même chose ? Ce serait l'abandon assuré et des doux rêves qui s'envoleraient par la même occasion mais ça on en reparlera plus tard.
Pour le moment, je suis sur la ligne à attendre. Je discute un peu avec mon voisin qui est français aussi.
Départ !!! la vitesse est rapide, beaucoup trop. Il faut dire que nous partons en même temps que le run and bike sauf que leurs relais font qu'ils sont sur une allure nettement supérieur à la notre. Je fais donc mon petit bonhomme de chemin tranquillement.
 
Au 7ième, un coureur m'interpelle. C'est rémi avec qui j'ai discuté sur la ligne de départ et là la course prend tout son sens. Nous ne nous quitterons plus.
Un premier groupe se crée donc : Rémi, Renaud et moi.
Pour Rémi c'est sa première sur une telle distance.
Pour Renaud, c'est tout autre chose. Il a décidé de faire tous les écotrails existant dans l'année. C'est le 5ième à son palmarès et il ne lui en restera ensuite plus que 2.
Cette première partie est ... particulière !!! Tout d'abord, elle se déroule essentiellement en ville. C'est un peu frustrant lors d'un trail mais surtout le balisage est ... où ??? On cherche encore. Pour la première fois de ma vie, j'ai utilisé mon sifflet. Pour les secours. Non heureusement mais pour prévenir les participants du chemin à suivre. On se retrouve parfois à 20 à chercher la trace. Notre technique. On envoi des équipes de reco et celui qui trouve prévient les autres.
On a râlé c'est sûr mais on s'est bien fendu la poire aussi à trois.
 
Passé le 40ième, Renaud s'envole. C'était sûr que nous n'allions pas faire la course ensemble en tout cas, de mon côté, çà l'était dès les premières minutes. Le terrain devient plus sauvage ce qui est nettement plus sympa mais Rémi n'a plus les jambes.
De mon côté, ça va mais je sais que ça ne sert à rien de partir et de le laisser là. Je n'ai pas les guibolles pour faire une belle course alors autant rester avec lui et l'accompagner. Surtout que niveau délais, on est plus que correct (40 km en 4h20).
Après c'est quelques années, j'ai une tout petite expérience. Autant qu'elle serve. Je calme le rythme. Le fait marcher dès que sa monte et le rassure. Je repense au parole de Vincent C. "N'ai pas peur d'être lent, ai peur d'être arrêté ". A deux, ça passe plus vite alors il n'y a pas de sacrifice mais bien l'envie de partager cette journée.
Derrière, l'orage gronde. Tonnerre, éclair, pluie torrentielle. On en prends plein la poire mais nous avançons, la tête basse mais en se soutenant l'un l'autre.
 
Nous ne resterons à deux pas très longtemps. Nicolas s'ajoute à nous vers le 50ième. Il est dans le dur aussi et prends le train avec nous. La french team est faite. On discute tous ensemble et nous ne voyons plus le temps passé. Les kilomètres défilent. Comment le sait-on? Au nombre de fois où nous avons enlever puis remis le manteau (à peu près 3 fois tous les 10 km Frown). Nous essuyons des pluies durant toute l'après-midi mais c'est ainsi que nous atteignons les derniers 10 kilomètres.
Cette portion finale est juste un plaisir. Un petit sentier forestier. Je me crois revenu à l'Ardenes méga trail. On reprend même du rythme, de l'allure et puis c'est la fin. Alors il faut savourer.
Et voilà l'hippodrome, signe de l'arrivée. Reste à monter sur le toit et nous passons la ligne, heureux de notre journée passé ensemble.
 
Bilan : Sportivement, je n'avais pas le niveau et la course n'a donc pas été toujours facile mais j'ai fait de belles rencontres qui ont gommé tous les points noirs. La place et le chrono ne m'importe pas beaucoup aujourd'hui car d'autres choses ont primé.
Jérem
 
PS : Avec le recul, quand je vois la photo finish, je me dis que j'aurai pu faire demi-tour pour revenir à contre sens jusqu'au départ Wink